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POTSFINK

La réussite de l’oeuvre
Donner une forme à la création

Art

Festival Les Urbaines
Vanessa Safavi

The Awful Daring of a Moment’s Surrender Which an Age of Prudence Can Never Retract, 2016

Vanessa Safavi (CH)
Le travail de l’artiste se concentre autour du corps et de son aliénation dans l’espace physique et virtuel. Vanessa Safavi questionne la place de la chair dans l’optimisation constante des technologies et de leur impact culturel dans nos sociétés hyper-organisées. Pour les Urbaines, l’artiste présente un ensemble d’œuvres qui rappellent à la fois la fragilité des corps et la poésie qui s’en dégage.

Conformément à l’esprit du festival Les Urbaines - qui traite les disciplines artistiques de manière transversale - Meaning Can Only Grow out of Intimacy est une série de 13 projets solos d’artistes exposés à l’Espace Arlaud et à TILT. Plutôt que d’imposer un thème d’exposition, chaque artiste a été invité à produire un nouveau projet et investir librement un espace des lieux d’exposition.

Le sens de cette exposition collective ne surgira donc uniquement qu’une fois les œuvres installées dans la ville, pour la plupart, sous le même toit. Dans le but de susciter et capturer la dynamique temporaire résultant du rassemblement et de la dissolution de cette communauté artistique, l’exposition réunit une variété de travaux qui fait apparaître les connexions presque invisibles reliant les espoirs et le désarroi d’une grande partie de la population. Compte tenu du cynisme caractérisant le contexte social et politique actuel, il n’est pas étonnant que tous les projets de Meaning Can Only Grow out of Intimacy semblent traiter d’affect et de résistance.

L’intitulé de l’exposition, quant à lui, suggère une nouvelle stratégie de survie ou, plutôt, une manière renouvelée de considérer le problème : loin de toute connotation négative, il place l’intimité au centre d’une réflexion innovante, dans laquelle le corps humain est au centre des stratégies d’adaptation. Grâce à une relation caractérisée par le corps, le passé, la nature et la technologie, les artistes semblent proposer de renoncer à l’idée de progrès universel pour apprendre à vivre dans un constant changement de paradigme. Comme le suggère Donna Haraway dans son plus récent ouvrage : « (...) vivre et mourir les uns avec les autres peut être un pied de nez au double dictat de l’Homme et du Capital »* et même si le résultat de la méthode est incertain, il semble venu le temps d’accepter et de célébrer l’idée même d’incertitude.

Elise Lammer, curatrice